|
Le projet de rocade de transport en commun Orbitale est né à la fin des années 1980. Il fut proposé par le livre blanc de 1990 et officiellement inscrit au Schéma Directeur Régional d’Ile de France (SDRIF) de 1992.
Situé en zone dense de l’agglomération (grosso-modo l’intérieur de l’A86), le projet ORBITALE (ORganisation du Bassin Intérieur des Transports Annulaires Libérés des Encombrements) desservait la première couronne de l’agglomération parisienne.

Extrêmement ambitieuse, cette rocade se décomposait en fait en deux rocades de transports entourant l’agglomération :
- La première, établie à 2-3 kilomètres du périphérique et entièrement souterraine, devait être parcourue de métro automatique de type VAL sur près de 50 km de tracé. Elle aurait repris dans son tracé le Tram T2 dit val de Seine. C'est la rocade Orbitale proprement dite.
- La seconde, plus large quoique incomplète à l'Est, était implantée entre 5 et 7km de la capitale, en site propre.
Bien qu’inscrit au SDAU de 1992, le projet fut rapidement oublié et officiellement enterré en 1997. Si de nombreuses conjonctures extérieures peuvent expliquer cet abandon (concurrence des projets Météor et Eole, gourmands en crédits…), il n’en reste pas moins que ce gigantesque projet souffrit avant tout de sa complexité et de ses contradictions internes.
Double rocade en spirale, il présentait quelques chevauchements et autres tronçons manquants assez incompatibles avec une utilisation rationnelle. De même, la reprise du Tram T2 dans le projet laissait craindre un tronçonnement de la rocade suivant les modes de transports utilisés (Val, Tramway, "Transport en site propre"...).
Ensuite, l’utilisation d’un métro de type Val était certes dans l’air du temps, mais s’est rapidement révélée horriblement onéreuse à la construction et bien peu adaptée aux fortes fréquentations attendues en zone dense.
Enfin, il ne faut pas oublier la composante politique de ce projet qui explique sa naissance et en partie son abandon. Conçu par des organismes régionaux (APUR, DREIF, IAURIF), ce projet fut avant tout soutenu par la Région, soucieuse de se démarquer ainsi d’un Etat jusque-là seul décideur de l’aménagement régional. Il ne résista pas longtemps face aux poids lourds du secteur (Etat, RATP, SNCF) qui défendaient chacun leur stratégie et leurs projets.
Inscrit dans le SDRIF de 1992 mais non budgétisé au Contrat de Plan, le projet Orbitale disparut sans bruit dans le milieu des années 1997. Il eut cependant le mérite de reposer la question toujours esquivée du poids de la capitale dans l'organisation des transports franciliens. Le projet Grand Tram, inscrit au XIIème Contrat de Plan, a d'ailleurs repris à son compte le principe d'une rocade de transport francilienne en seconde couronne. Le tramway des Maréchaux répond quand à lui au besoin d'une nouvelle rocade parisienne.
Entre Paris et la seconde couronne, les communes périphériques souffrent toujours d'un sous-investissement dramatique ! Métrophérique peut-il y remédier ? |