Gares et Pôles
Paris-Montparnasse, COEUR de ville
(vendredi 3 novembre 2006 à 15:48)

Je viens de m'apercevoir que je n'avais pas encore parlé de mon sujet de diplôme, que l'on trouve à peine sur mon site personnel (oliviermarquet.com), et qui est pourtant complètement ancré dans la thématique de ce blog ! Tsss...
Heureusement, quelques internautes sympas me l'ont fait remarquer (qu'ils en soient remerciés !!)

Finissant donc mes études d'architecture, j'ai choisi comme sujet de TPFE (Travail Personnel de Fin d'Étude) la création d'une gare RER à Paris Montparnasse, prélude à l'aménagement d'un pôle d'échange.

C'est curieusement le livre de Christian Gérondeau, la saga du RER et le mailon manquant, paru en 2003 aux presses de l'ENPC, qui m'en a donné l'idée. Je dis "curieusement" parce que l'auteur n'est pas réputé pour ses positions pro-transport collectif. Néanmoins, il soulevait un point intéressant. Montparnasse est aujourd'hui la seule grande gare parisienne à ne pas être reliée au réseau RER, et ce alors qu'elle accueille le TGV et qu'elle dessert une bonne partie du sud-ouest de la région Ile-de-France.

Il était pourtant prévu dès la création du réseau RER dans les années 60 d'intégrer Monparnasse à une grande transversale nord-sud passant également par St-Lazare. Un tel projet n'a jamais abouti, faute de moyens, mais n'a cependant jamais été abandonné pour autant ! Le schéma directeur de 1992, qui consacrait pourtant le développement polycentrique (comprenez "hors Paris") de l'agglomération, avait néanmoins conservé l'idée de cette liaison RER.

En fait, malgré tous les changements de stratégies dans l'aménagement du territoire régional, c'est bien la question du financement de l'infrastructure qui a mis en veilleuse ce "tronçon manquant" !

Dans les années 60, le tronçon central du RER A n'a été achevé qu'au prix d'efforts techniques et financiers écrasants, remettant immédiatement en cause l'utilité d'un réseau RER aux infrastructures entièrement nouvelles. Le schéma directeur révisé de 1976 préconisa donc une réutilisation maximum des lignes existantes.

Malheureusement, dans les années 90, la réalisation simultanée du RER E Eole et du métro 14 Météor provoqua un nouvel assèchement des crédits, dégoutant une nouvelle fois la Région des projets d'infrastructures lourdes dans l'hypercentre.

Mais l'utilité d'une intégration de Montparnasse au réseau RER demeure ! Il ne s'agit pas de décréter pendant 30 ans "vive les RER transversaux passant par Paris" pour les conspuer juste après au nom du rééquilibrage de l'agglomération. Le problème n'est pas de choisir entre rocades ou lignes tangentielles d'un coté, et RER parisien de l'autre. Le problème est bien de bâtir un réseau cohérent, performant, qui désagrégerait une bonne fois pour toute les frontières administratives héritées du passé (Paris... et le reste !) au profit d'une agglomération élargie et véritablement intégrée. Dans une logique de réseau, on ne peut se permettre de laisser des maillons manquants, sous peine de déstabiliser l'ensemble des flux.

Montparnasse est clairement la tête d'un de ces maillons manquants. Et si les solutions traditionnelles apportées au problème s'avèrent trop complexes ou trop onéreuses à mettre en place, c'est à l'architecte qu'il convient d'y remédier !

Je vais donc, dans la mesure du possible, tenir le "journal de bord" de mon diplôme et le publier au fur et à mesure de son état d'avancement.

A très bientôt...

Olivier Marquet
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Commentaires

1. Le vendredi 10 novembre 2006 à 21:07, par transid

Merci pour cet article qui répond, en partie au moins, à une question que je me suis souvent posé... Comment se fait il que la gare Montparnasse soit si isolée des autres grandes gares parisiennes ?
Le manque de performance de l'interconnexion gare de Lyon/Montparnasse par rapport à Gare de Lyon/Gare du nord a t il eu un impact sur le développement des échanges régionaux et nationaux en privilégiant l'axe nord/sud par rapport au Sud/Ouest ?
Mes encouragements pour ce blog récent mais déjà riche.

2. Le lundi 13 novembre 2006 à 15:12, par Olivier Marquet

Oui, effectivement, il est intéressant de se demander si l'isolement de la gare montparnasse à l'égard du réseau RER n'a pas eu de répercussions sur l'aménagement du territoire francilien, mais ausi national.

La banlieue sud-ouest est aujourd'hui en partie desservie par le RER C, notoirement insuffisant. En conséquence, ses communes (comme Rambouillet) sont loin d'avoir connu le même type d'urbanisation que d'autres, mieux desservies. Le quasi-monopole de l'automobile dans les déplacements du sud-ouest peut expliquer que peu de quartiers "populaires" s'y soient développés.

De même, il serait intéressant de voir si la non-intégration de Montparnasse au réseau RER n'a pas favorisé un détournement du trafic grande ligne (TGV entre autres). En effet, la difficulté d'une liaison parisienne entre Montparnasse et les gares du Nord ou de l'Est a peut-être contribué à accroître l'importance de TGV dits d'interconnexions contournant Montparnasse...

Cependant, la ligne atlantique est aujourd'hui la seule à ne pas être reliée au reste du réseau TGV.

Quoiqu'il en soit, il paraît malheureusement évident que l'isolement de la gare Montparnasse nuit à la rentabilité des lignes franciliennes y aboutissant, voire de ses grandes lignes !

Encore merci pour vos encouragements.


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