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Le week-end du 18-19 novembre a été inauguré en banlieue Est parisienne le premier tram-train de France.
Reprenant une ancienne ligne ferroviaire fermée au trafic en 2003, le tram train T4 dit "des Coquetiers" (du nom de l'ancienne ligne) relie pour l'instant Aulnay à Bondy.
Trois ans de travaux et près de 120 millions d'euros d'investissements n'auront pas été de trop pour mener à bien la rénovation complète d'une des lignes les plus vétustes d'Île de France. Mise à double voie de la ligne sur l'intégralité de son parcours, remplacement total du ballast et des rails, transformation des onze passages à niveaux en simples carrefours routiers, remplacements des vieux bâtiments voyageurs par des stations de type tramway, créations de deux points d'arrêts supplémentaires, et enfin, achat de 15 rames de tram-train Siemens de type Avanto, rien n'aura été épargné pour mener à bien la mutation de la ligne Aulnay-Bondy !
Au final, nous obtenons une infrastructure très performante, offrant une desserte rapide et fréquente au moyen de rames ultra-modernes au design soigné. De plus l'intégration de la ligne au réseau francilien semble être réussie, les correspondances en gare d'Aulnay et de Bondy étant particulièrement efficaces.
Cependant, le caractère ferroviaire de la ligne se ressent encore franchement, malgré des aménagements ponctuels de types tramways :
- En dehors des carrefours routiers, la ligne reste bien une ligne de chemin de fer, en talus léger ou non, systématiquement protégée par des barrières et grillages métalliques. La couture urbaine qui avait si bien réussit sur la ligne T1 (St-Denis-Noisy le Sec) n'a pas eu lieu ici.
- De même, les superstructures d'origine (poteaux et caténaires) ont été conservées et donnent à la ligne un aspect très "ferroviaire", à l'opposé de celui recherché par un tram classique.
- Ensuite, les aménagements paysagers ne sont pas légions sur la ligne : les trottoirs de bordure ne sont souvent pas terminés, quasiment aucune plantation n'a été réalisée sur les bords de la voie, l'herbe ne recouvre pas les talus de terres et n'a vraisemblablement même pas été semée.
- Enfin, les anciens bâtiments voyageurs (B.A) n'ont pas été réutilisé pour la ligne actuelle. Ce qui pourrait être un parti pris tout à fait acceptable apparaît plutôt comme un manque de cohérence des aménagements urbains. Aux Pavillons sous Bois,
à Gargan, les bâtiments fermés apparaissent vides d'affectation et perpétuent un petit coté désuet digne de la ligne d'antan. Car enfin, un bâtiment en friche près d'une ligne et de stations dernier-cri, ça ne fait ni très moderne, ni très vivant !!
Ainsi, à Gargan, la municipalité a raté l'occasion d'un requalification facile de l'ex-place de la gare. Conservé en dépit de son inutilité, le B.A perpétue la coupure entre l'espace public et le tram. Les gens sont obligé de le contourner pour gagner la gare de bus et la ville. Il eût mieux valu le détruire et mettre en valeur ce tram-train si utile dans ces banlieues si mal desservies. Peut-être que ce réaménagement est prévu dans le cas d'une possible extension de la ligne depuis Gargan vers Clichy / Bois et Montfermeil. Mais cette extension est envisagée par le Stif au mieux à l'horizon 2012, alors que c'est maintenant qu'il faut affirmer l'importance des transports en commun !
Mais bon, la SNCF n'est pas habituée à de tels projets urbains, d'habitude réservé à la RATP. Gageons que le développement de ce mode de transport connexe qu'est le tram-train, à mi-chemin entre l'urbain et le ferroviaire, va transformer le rapport de l'opérateur national à la ville : autrefois simple transporteur, la SNCF doit devenir un acteur urbain à part entière pour contribuer efficacement au renouveau des transports publics.
Un design moderne et soigné :

une ligne racée, digne de ce tram rapide.





Le mobilier intérieur devient oeuvre d'art.

L'information, omniprésente, rassure et oriente efficacement le voyageur.
Une intégration au réseau réussie...

Les correspondances en gare de Bondy et d'Aulnay (photo) se font quai à quai.
Une couture urbaine bien décousue...

Les infrastructures du tram-train, de type ferroviaire, héritées de la ligne des Coquetiers, semblent un peu incongrues en pleine ville.

Les barrières créent la coupure urbaine, l'absence de plantation la parachève.

La pauvreté de certains aménagements frise le ridicule, tel ce vestige de carrefour routier entre Gargan et les Pavillons/Bois.

La station des Pavillons-sous-Bois.

Aux Pavillons-sous-Bois, le bâtiment voyageur a été fermé, mais demeure, intact.

A Gargan, les collectivités ont fait l'économie d'un projet urbain pourtant bien utile et facile à réaliser. La station du Tram-train (à droite) est séparée de la place et de la gare de bus (à gauche) par l'ancien bâtiment de la gare (au centre). Il eût mieux valu le détruire et rétablir la continuité entre ces deux espaces. |