Transports en Ville
Renaissance New-Yorkaise, les projets de la "Big Apple"
(dimanche 25 février 2007 à 02:21)

New-York est une ville pleine de surprises ! Durement meurtrie il y a cinq ans à peine, la métropole américaine n'a jamais cessée de vivre, de rêver...

Projets d'architecture grandioses, plans d'urbanisme à l'européenne, réseaux de transports en pleine extension, les projets sont nombreux dans cette ville qui marche définitivement à contre-courant de son pays.

plan directeur de reconstruction du WTCAinsi le projet le plus emblématique, la reconstruction du site du World Trade Center.

La Lower Manhattan Development Corporation (LMDC), a choisi le plan directeur d'aménagement défini par l'architecte Daniel Liebeskind, proposant cinq nouvelles tours (dont la Freedom Tower de David Childs), mais aussi un mémorial (Reflecting Absence de Michael Arad et Peter Walker), deux centres artistiques et culturels et un nouveau pôle de transport.

Les plus grands noms de l'architecture mondiale sont associés aux futurs bâtiments, tels Daniel Libeskind, Norman Foster, Richard Rogers, Fumihiko Maki, Frank Gehry et Santiago Calatrava.



pôle de transport du WTCCe dernier a ainsi été choisi pour construire le très ambitieux WTC Hub, un pôle de transport rassemblant 13 lignes de métros, les lignes ferroviaires de banlieue du PATH, l'embarcadère des ferry de l'Hudson, ainsi qu'une possible liaison ferrovaire directe entre le site et l'aéroport JFK.

Ensuite, une nouvelle ligne de métro de près de 13,7 km va être construite, the Second Avenue Subway, de loin la plus grande extension du réseau de transport depuis près de 50 ans.


Mais ce qui est plus surprenant, c'est quand la ville s'empare sans hésiter de types de projets bien plus européens qu'américains !


tramway sur la 42ème rueAinsi, une association à but non lucratif, Vision42, propose de libérer l'intégralité de la 42ème rue de la circulation automobile, pour y installer un tramway et des promenades piétonnes.

Cette initiative, sponsorisée par the Institute for Rational Urban Mobility, a reçu l'accord de principe de la municipalité. Pour révolutionnaire qu'elle soit, cette initiative n'en semble pas moins logique dans une ville dont Vision 42 souligne qu'elle possède l'un des plus faibles taux de motorisation du pays, l'un des plus forts taux d'utilisation des transports en commun et l'une des plus fortes densités mondiales !


promenade High LinePlus étonnant encore est le projet High Line. Il s'agit ici de créer une promenade plantée en plein New-York, sur le modèle de la promenade plantée parisienne !

Là encore, c'est une association, Friends of the Highline, qui est à l'origine du projet. L'ancien maire Giuliani souhaitait en effet détruire la High Line, une voie ferrée aérienne désaffectée. Un collectif de résidents, commerçants, professionnels et politiciens s'est constitué, levant des fonds et créant un site internet. Finalement, la nouvelle municipalité (Bloomberg) a soutenu le projet naissant, débloquant 42M de $ et modifiant son règlement d'urbanisme pour protéger l'espace proche de la High Line.

Un concours d'architecture fut lancé en 2003, rassemblant 720 participants de 36 pays. L'équipe lauréate, Field Operations and Diller Scofidio + Renfro, a développé une approche agri-tecturale, reproduisant l'entrelacement des anciennes structures industrielles et de la végétation des friches. Le projet est actuellement en cours de réalisation.


Ces quelques exemples parmi tant d'autres nous montrent l'extraordinaire vitalité d'une ville qui, bien que terriblement meurtrie en 2001, n'a jamais cessé de vivre, de créer, de bâtir sans relâche de nouveaux modèles d'architecture et d'urbanité à mi chemin entre l'ancienne Europe et l'impétueuse Amérique. New-York, garde plus que jamais, son rôle de porte entre ces deux sociétés, plus tout à fait européenne, pas encore américaine.

Olivier Marquet
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Politique des Transports
Transport collectif, acharnement et faux procès...
(mercredi 14 février 2007 à 01:38)

l'automobile, c'est la liberté !S'il existe des sujets polémiques, les nuisances du tramways semble être un de ceux-là !

Suite aux nombreux commentaires déposés sur ce blog, il me paraît utile d'apporter quelques éléments de réflexion. Je comprends parfaitement les reproches des riverains de tramways concernant le bruit qu'ils occasionnent. Cependant, le monde idéal dans lequel les déplacements seraient propres, silencieux, individuels ou économiques n'existe pas ! Il nous appartient à nous, citoyens, de choisir les solutions les plus efficientes, c'est-à-dire les moins nuisibles possible.

Or, tous les reproches déposés sur ce site me laissent un goût amer. En effet, les attaques d'associations, de riverains ou de personnages politiques, se focalisent souvent sur les seuls transports en commun, en l'occurence ici le tramway.

Que l'on en juge ! Plus de vingt années de gestation furent nécessaire pour la rocade ferrée parisienne, aujourd'hui matérialisée par le tramway des maréchaux. Pire, il a fallu plus de trente ans pour réouvrir une minuscule section de la grande ceinture entre Noisy-Le-Sec et St-Germain-en-Laye. Et tout ça parce que des riverains s'y opposaient, en raison d'hypothétiques nuisances. Pour une ligne dont la moitié du parcours se fait en pleine forêt !!!

Alors, je suis résolument pour la consultation du public lors de grands débats publics sur les projets de transports. Mais je refuse que les seuls transports collectifs, quels qu'ils soient, fassent les frais de ce contrôle !

Alors qu'en 2005 et 2006, le trafic automobile a baissé en France pour la première fois depuis 1974, il y a toujours aujourd'hui plusieurs centaines de kilomètres d'autoroutes en construction et près d'un millier de km de routes nationales appelé à le devenir (voir le site du Ministère de l'Equipement) !!! Et tout ça sans faire de vagues (de bruits ?!) !!

La culture automobiliste est tellement ancrée dans les mentalités de nos concitoyens (politique ET autres) qu'il est bien plus aisé, accepté, logique, de retarder voire de remettre en cause le moindre projet de transport collectif plutôt que la énième autoroute ou quatre-voies du coin. Et les rares détracteurs inconditionnels du tout-routier sont toujours aussi conspués, tels Denis Baupin (adjoint au maire de Paris, chargé de la politique des déplacements), régulièrement traité de "khmer vert" par l'opposition et bien d'autres.

Et pourtant, le transport collectif, ferré ou non, est de loin l'un des modes de déplacement les plus économes, les moins énergivores et les plus respectueux de l'environnement (y compris pour le bruit !).

Car enfin, qu'est-ce qu'un bruit de roulement ou de klaxon en de rares endroits ou de rares instants, comparé au grondement incessant de la circulation automobile ? A son odeur ? A sa pollution ? A son prix ? Le transport collectif souffre de sa condition d'objet public. Facilement identifiable, détenu par la puissance publique, il est un bouc émissaire bien plus aisé à persécuter que ce flot indistinct d'automobilistes dont nous faisons d'ailleurs souvent parti.

Le nouveau tramway T4 roule trop fréquemment, et souvent sans grand monde à bord... Et alors ??!! 90% des voitures individuelles ne roulent-elles pas avec un seul occupant à bord, alors qu'elles comportent au minimum 5 places ?! C'est justement la régularité du tramway, la fréquence de sa desserte qui fait sa force. Car ainsi, il accroît sa visibilité, son intérêt et donc son taux d'utilisation. A l'inverse, la multiplication des bagnoles n'a jamais été gage d'un plus grand partage de celles-ci...

On pourrait encore donner bien d'autres arguments. Je rajouterais seulement celui-ci : nous avons aujourd'hui expérimenté, sans succès, toutes les politiques imaginables de transport de masse basé sur l'automobile et ses dérivés...

Ne pourrait-on enfin accorder aux transports collectifs le quart, le dixième, de la clémence dont nous avons fait preuve envers la voiture ?

Olivier Marquet
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