Politique des Transports
Transport collectif, acharnement et faux procès...
(mercredi 14 février 2007 à 01:38)

l'automobile, c'est la liberté !S'il existe des sujets polémiques, les nuisances du tramways semble être un de ceux-là !

Suite aux nombreux commentaires déposés sur ce blog, il me paraît utile d'apporter quelques éléments de réflexion. Je comprends parfaitement les reproches des riverains de tramways concernant le bruit qu'ils occasionnent. Cependant, le monde idéal dans lequel les déplacements seraient propres, silencieux, individuels ou économiques n'existe pas ! Il nous appartient à nous, citoyens, de choisir les solutions les plus efficientes, c'est-à-dire les moins nuisibles possible.

Or, tous les reproches déposés sur ce site me laissent un goût amer. En effet, les attaques d'associations, de riverains ou de personnages politiques, se focalisent souvent sur les seuls transports en commun, en l'occurence ici le tramway.

Que l'on en juge ! Plus de vingt années de gestation furent nécessaire pour la rocade ferrée parisienne, aujourd'hui matérialisée par le tramway des maréchaux. Pire, il a fallu plus de trente ans pour réouvrir une minuscule section de la grande ceinture entre Noisy-Le-Sec et St-Germain-en-Laye. Et tout ça parce que des riverains s'y opposaient, en raison d'hypothétiques nuisances. Pour une ligne dont la moitié du parcours se fait en pleine forêt !!!

Alors, je suis résolument pour la consultation du public lors de grands débats publics sur les projets de transports. Mais je refuse que les seuls transports collectifs, quels qu'ils soient, fassent les frais de ce contrôle !

Alors qu'en 2005 et 2006, le trafic automobile a baissé en France pour la première fois depuis 1974, il y a toujours aujourd'hui plusieurs centaines de kilomètres d'autoroutes en construction et près d'un millier de km de routes nationales appelé à le devenir (voir le site du Ministère de l'Equipement) !!! Et tout ça sans faire de vagues (de bruits ?!) !!

La culture automobiliste est tellement ancrée dans les mentalités de nos concitoyens (politique ET autres) qu'il est bien plus aisé, accepté, logique, de retarder voire de remettre en cause le moindre projet de transport collectif plutôt que la énième autoroute ou quatre-voies du coin. Et les rares détracteurs inconditionnels du tout-routier sont toujours aussi conspués, tels Denis Baupin (adjoint au maire de Paris, chargé de la politique des déplacements), régulièrement traité de "khmer vert" par l'opposition et bien d'autres.

Et pourtant, le transport collectif, ferré ou non, est de loin l'un des modes de déplacement les plus économes, les moins énergivores et les plus respectueux de l'environnement (y compris pour le bruit !).

Car enfin, qu'est-ce qu'un bruit de roulement ou de klaxon en de rares endroits ou de rares instants, comparé au grondement incessant de la circulation automobile ? A son odeur ? A sa pollution ? A son prix ? Le transport collectif souffre de sa condition d'objet public. Facilement identifiable, détenu par la puissance publique, il est un bouc émissaire bien plus aisé à persécuter que ce flot indistinct d'automobilistes dont nous faisons d'ailleurs souvent parti.

Le nouveau tramway T4 roule trop fréquemment, et souvent sans grand monde à bord... Et alors ??!! 90% des voitures individuelles ne roulent-elles pas avec un seul occupant à bord, alors qu'elles comportent au minimum 5 places ?! C'est justement la régularité du tramway, la fréquence de sa desserte qui fait sa force. Car ainsi, il accroît sa visibilité, son intérêt et donc son taux d'utilisation. A l'inverse, la multiplication des bagnoles n'a jamais été gage d'un plus grand partage de celles-ci...

On pourrait encore donner bien d'autres arguments. Je rajouterais seulement celui-ci : nous avons aujourd'hui expérimenté, sans succès, toutes les politiques imaginables de transport de masse basé sur l'automobile et ses dérivés...

Ne pourrait-on enfin accorder aux transports collectifs le quart, le dixième, de la clémence dont nous avons fait preuve envers la voiture ?

Olivier Marquet
Lien permanent :: Fil RSS des commentaires

Trackbacks

Aucun trackback.

Les trackbacks pour ce billet sont fermés.


Commentaires

1. Le jeudi 15 février 2007 à 00:12, par Fred

Enfin un discours censé !!!

Le bruit de la circulation automobile, les coups de klaxon intempestifs des automobilistes, le goût et l'odeur de la pollution automobile, me semblent infiniment plus nuisibles que le tramway.

Et ce ne sont pas les riverains du seizième arrondissement parisien qui arriveront à me convaincre du contraire !

2. Le mardi 20 février 2007 à 19:09, par virginie

Voilà qui a le mérite d'être clair et me semble fort juste.

Ce qui est certain c'est que les auto-dépendants - avérés ou qui s'ignorent- arriveront toujours à trouver des prétextes pour faire obstacle aux transports en commun. Et qu'ils n'auront jamais à se justifier de prendre leur voiture alors qu'ils tuent collectivement à petit feu aujourd'hui ou demain ! Un jour viendra peut-être où les victimes du réchauffement climatique, de l'asthme, des cancers des poumons feront des bûchers de voiture et là je ne te dis pas le bruit et l'odeur !

Pour ce qui est des associations d'usagers qui se sentent directement victimes de la circulation des TEC, il s'agit de l'éternel problème du "not in my backyard !". Pas de solution en dehors de la concertation mais il me semble toutefois qu'elle peut aboutir si les parties opposées font preuve de coopération. Et lorsque la puissance publique est vraiment convaincue de l'intérêt d'un projet les nuisances occasionnées à certains riverains ne sont pas un obstacle si important qu'elles en empêche sa réalisation. Tout cela est un peu affaire de priorité et de volonté tout de même.

3. Le dimanche 25 février 2007 à 21:56, par Olivier

Tout à fait d'accord avec toi, Virginie !

Le transport collectif, quoi qu'on en dise, n'est toujours pas en "odeur de sainteté" auprès de nos dirigeants et de la partie de la population qui n'est pas "obligée" de les emprunter. Car c'est bien de celà qu'il s'agit : d'obligation !!

Notre société consumériste, individualiste, promouvant la recherche du bonheur personnel au détriment des autres (voire même envers eux) a si bien éduquée toute une frange de la population que plus rien de collectif n'est envisageable, à part ce qui défend la propriété individuelle. Ainsi, les budgets de l'éducation, de la culture, des transports collectifs baissent ou stagnent, au mieux, tandis que le budget de la police augmente au nom d'une prétendue plus grande violence de notre société.

Mais la violence est avant tout dans la recherche d'une sécurité sans cesse plus grande des biens individuels, des personnes individuelles au détriment de la sauvegarde de la société, de l'art de vivre en commun !

Et dans ce combat, le transport collectif part avec un sérieux handicap : car il n'est pas l'expression de l'individualité triomphante, lui ! Il est au contraire le fruit de la volonté humaine du vivre ensemble, de la recherche du bien commun, deux volontés bien anachroniques aujourd'hui.

C'est pour cela qu'il est si difficile de défendre le transport collectif en particulier, et l'intérêt communautaire en général. Et c'est pour cela qu'il faut le ré-imposer aujourd'hui contre les tenants de l'individualisme forcené.

Car l'Enfer, ce n'est surement plus les autres ; l'Enfer, c'est avant tout l'homme livré à lui-même.

4. Le vendredi 30 mai 2008 à 01:11, par Dubié

Le pétrole commence sérieusement à se faire cher et il se fera rare bientôt avec le passage du peak oil, maximum de production, dans les toutes prochaines années.

Cela conduira à une disparition progressive de la plus grande partie des véhicules automobiles : futura24.site.voila.fr/pe...

Devant cette perspective, il faut changer toute l'organisation de la société actuelle, quitter les grandes agglomération et construire des villes selon les principes bioclimatiques, arrêter les transports sur de longues distance, produire sur place l'essentiel de ce que l'on consomme.

5. Le mercredi 13 août 2008 à 11:56, par juriste

La loi « bruit » du 31 décembre 1992 et ses textes d’application visent notamment à limiter les nuisances sonores dues à la construction et à l’aménagement de routes et de voies ferrées nouvelles à proximité d’habitations existantes. Ces dispositions exigent aussi une insonorisation suffisa


Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte, les adresses internet seront converties automatiquement.

A la une !

Ville et Mobilité

Transports

Urbanisme

Architecture

Ecologie

Art(s)