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S'il existe des sujets polémiques, les nuisances du tramways semble être un de ceux-là !
Suite aux nombreux commentaires déposés sur ce blog, il me paraît utile d'apporter quelques éléments de réflexion. Je comprends parfaitement les reproches des riverains de tramways concernant le bruit qu'ils occasionnent. Cependant, le monde idéal dans lequel les déplacements seraient propres, silencieux, individuels ou économiques n'existe pas ! Il nous appartient à nous, citoyens, de choisir les solutions les plus efficientes, c'est-à-dire les moins nuisibles possible.
Or, tous les reproches déposés sur ce site me laissent un goût amer. En effet, les attaques d'associations, de riverains ou de personnages politiques, se focalisent souvent sur les seuls transports en commun, en l'occurence ici le tramway.
Que l'on en juge ! Plus de vingt années de gestation furent nécessaire pour la rocade ferrée parisienne, aujourd'hui matérialisée par le tramway des maréchaux. Pire, il a fallu plus de trente ans pour réouvrir une minuscule section de la grande ceinture entre Noisy-Le-Sec et St-Germain-en-Laye. Et tout ça parce que des riverains s'y opposaient, en raison d'hypothétiques nuisances. Pour une ligne dont la moitié du parcours se fait en pleine forêt !!!
Alors, je suis résolument pour la consultation du public lors de grands débats publics sur les projets de transports. Mais je refuse que les seuls transports collectifs, quels qu'ils soient, fassent les frais de ce contrôle !
Alors qu'en 2005 et 2006, le trafic automobile a baissé en France pour la première fois depuis 1974, il y a toujours aujourd'hui plusieurs centaines de kilomètres d'autoroutes en construction et près d'un millier de km de routes nationales appelé à le devenir (voir le site du Ministère de l'Equipement) !!! Et tout ça sans faire de vagues (de bruits ?!) !!
La culture automobiliste est tellement ancrée dans les mentalités de nos concitoyens (politique ET autres) qu'il est bien plus aisé, accepté, logique, de retarder voire de remettre en cause le moindre projet de transport collectif plutôt que la énième autoroute ou quatre-voies du coin. Et les rares détracteurs inconditionnels du tout-routier sont toujours aussi conspués, tels Denis Baupin (adjoint au maire de Paris, chargé de la politique des déplacements), régulièrement traité de "khmer vert" par l'opposition et bien d'autres.
Et pourtant, le transport collectif, ferré ou non, est de loin l'un des modes de déplacement les plus économes, les moins énergivores et les plus respectueux de l'environnement (y compris pour le bruit !).
Car enfin, qu'est-ce qu'un bruit de roulement ou de klaxon en de rares endroits ou de rares instants, comparé au grondement incessant de la circulation automobile ? A son odeur ? A sa pollution ? A son prix ? Le transport collectif souffre de sa condition d'objet public. Facilement identifiable, détenu par la puissance publique, il est un bouc émissaire bien plus aisé à persécuter que ce flot indistinct d'automobilistes dont nous faisons d'ailleurs souvent parti.
Le nouveau tramway T4 roule trop fréquemment, et souvent sans grand monde à bord... Et alors ??!! 90% des voitures individuelles ne roulent-elles pas avec un seul occupant à bord, alors qu'elles comportent au minimum 5 places ?! C'est justement la régularité du tramway, la fréquence de sa desserte qui fait sa force. Car ainsi, il accroît sa visibilité, son intérêt et donc son taux d'utilisation. A l'inverse, la multiplication des bagnoles n'a jamais été gage d'un plus grand partage de celles-ci...
On pourrait encore donner bien d'autres arguments. Je rajouterais seulement celui-ci : nous avons aujourd'hui expérimenté, sans succès, toutes les politiques imaginables de transport de masse basé sur l'automobile et ses dérivés...
Ne pourrait-on enfin accorder aux transports collectifs le quart, le dixième, de la clémence dont nous avons fait preuve envers la voiture ? |