Transports en Ville
...à Métrophérique
(mardi 17 octobre 2006 à 16:05)


Suite et fin de mes billets sur Métrophérique et Orbitale.

Le projet Métrophérique, lancé en grande pompe le 6 octobre lors du Conseil d'entreprise de la RATP, est classé parmi les 17 engagements de l'entreprise pour les décennies à venir.

Héritier de la rocade Orbitale, le métrophérique est certainement un projet moteur, sinon pour la région, du moins pour la RATP. Pourtant, le contexte actuel n'incite pas à l'optimisme quand au sort réservé à ce genre de projet.

Certes, la Région a pris le contrôle du Stif et possède la haute main sur les transports régionaux. Mais le besoin de liaisons intra-banlieue a été tellement affirmé depuis l'abandon d'Orbitale que les projets se sont multipliés et finalement accumulés : le Tramway des maréchaux, le Grand Tram, les Tangentielles ferrées, le TVM...

De plus, chaque projet étant défendu par un acteur particulier, bien décidé à défendre son pré carré, l'heure ne semble pas à la concertation : la SNCF développe ses tangentielles, la municipalité parisienne se taille un tram des maréchaux sur-mesure tandis que les départements limitrophes de Paris, Val-de-Marne en tête, rêvent de lignes de métro sur-mesure ! Même la RATP poursuit par ailleurs son projet Grand Tram, remplaçant désigné d’Orbitale et concurrent de Métrophérique.

Dans ce contexte, entre des comptes régionaux plombés par le contrat des automotrices NAT et des aides de l’Etat réduites à peau de chagrin, on se demande un peu d’où va venir la poussée nécessaire au démarrage du Métrophérique.

Qu’on ne se méprenne pas cependant, une rocade de transport en commun est une bonne idée, conforme aux besoins de décentralisation de l’hypercentre parisien et de maillage de la banlieue. Mais le contexte politique et les finances régionales laisse peu de place à un nouveau projet, qui apparaît par ailleurs comme une double tentative du nouveau PDG de la RATP, d'une part, d'acquérir une légitimité dans une entreprise fortement marquée par sa prédécesseure, et d'autre part, d'affirmer la prééminence de l'entreprise comme acteur incontournable de la Région avant une future mise en concurrence des opérateurs.

Alors, je dis oui, résolument oui, à une rocade de transport collectif en proche banlieue :

  • Elle est nécessaire à la structuration d’un vrai réseau et à la requalification des communes traversées.
  • Elle est complémentaire et non concurrente du tram parisien. Certains tracés du Grand Tram seraient cependant à revoir sous peine de doublons avec Métrophérique (cf carte).
  • Il est même vraisemblable qu’un métro soit préférable à un tramway, compte tenu de la proximité à cet endroit de transports de moyennes capacités type tramway des maréchaux et Grand Tram, et du besoin d’un mode de transport lourd dans une zone dense.

Mais il faut se méfier des effets d’annonces et des solutions miracles propres à galvaniser les foules et à attirer les médias, mais qui s’avèrent impossibles ou illusoires à mettre en œuvre. La grande réserve manifestée à l'annonce de ce projet par le président de la Région, Jean-Paul Huchon, est à ce titre révélatrice. Orbitale est mort parce qu’il était trop cher, trop complexe et mal défendu. Mais c’était une bonne idée !

La future rocade de métro sera simple et efficace à utiliser, parfaitement reliée au reste du réseau, et très chère à construire. C’est la non-prise en compte de ces facteurs qui a fait échouer Orbitale. Ne reproduisons pas la même erreur aujourd’hui. Projeter Métrophérique redore le blason de la RATP, ne pas le réaliser plongerait la région dans une situation dramatique.

Olivier Marquet
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Transports en Ville
Rocade francilienne, d'Orbitale...
(mardi 17 octobre 2006 à 13:53)

Le projet de rocade de transport en commun Orbitale est né à la fin des années 1980. Il fut proposé par le livre blanc de 1990 et officiellement inscrit au Schéma Directeur Régional d’Ile de France (SDRIF) de 1992.

Situé en zone dense de l’agglomération (grosso-modo l’intérieur de l’A86), le projet ORBITALE (ORganisation du Bassin Intérieur des Transports Annulaires Libérés des Encombrements) desservait la première couronne de l’agglomération parisienne.

Extrêmement ambitieuse, cette rocade se décomposait en fait en deux rocades de transports entourant l’agglomération :

  • La première, établie à 2-3 kilomètres du périphérique et entièrement souterraine, devait être parcourue de métro automatique de type VAL sur près de 50 km de tracé. Elle aurait repris dans son tracé le Tram T2 dit val de Seine. C'est la rocade Orbitale proprement dite.
  • La seconde, plus large quoique incomplète à l'Est, était implantée entre 5 et 7km de la capitale, en site propre.

Bien qu’inscrit au SDAU de 1992, le projet fut rapidement oublié et officiellement enterré en 1997. Si de nombreuses conjonctures extérieures peuvent expliquer cet abandon (concurrence des projets Météor et Eole, gourmands en crédits…), il n’en reste pas moins que ce gigantesque projet souffrit avant tout de sa complexité et de ses contradictions internes.

Double rocade en spirale, il présentait quelques chevauchements et autres tronçons manquants assez incompatibles avec une utilisation rationnelle. De même, la reprise du Tram T2 dans le projet laissait craindre un tronçonnement de la rocade suivant les modes de transports utilisés (Val, Tramway, "Transport en site propre"...).

Ensuite, l’utilisation d’un métro de type Val était certes dans l’air du temps, mais s’est rapidement révélée horriblement onéreuse à la construction et bien peu adaptée aux fortes fréquentations attendues en zone dense.

Enfin, il ne faut pas oublier la composante politique de ce projet qui explique sa naissance et en partie son abandon. Conçu par des organismes régionaux (APUR, DREIF, IAURIF), ce projet fut avant tout soutenu par la Région, soucieuse de se démarquer ainsi d’un Etat jusque-là seul décideur de l’aménagement régional. Il ne résista pas longtemps face aux poids lourds du secteur (Etat, RATP, SNCF) qui défendaient chacun leur stratégie et leurs projets.

Inscrit dans le SDRIF de 1992 mais non budgétisé au Contrat de Plan, le projet Orbitale disparut sans bruit dans le milieu des années 1997. Il eut cependant le mérite de reposer la question toujours esquivée du poids de la capitale dans l'organisation des transports franciliens. Le projet Grand Tram, inscrit au XIIème Contrat de Plan, a d'ailleurs repris à son compte le principe d'une rocade de transport francilienne en seconde couronne. Le tramway des Maréchaux répond quand à lui au besoin d'une nouvelle rocade parisienne.

Entre Paris et la seconde couronne, les communes périphériques souffrent toujours d'un sous-investissement dramatique ! Métrophérique peut-il y remédier ?

Olivier Marquet
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Transports en Ville
Métrophérique...
(lundi 16 octobre 2006 à 15:20)

Pierre Mongin, le nouveau PDG de la RATP (en remplacement de Anne-Marie Idrac) a dévoilé lors du conseil d'administration du 6 octobre la carte maîtresse de son entreprise pour la prochaine décennie : le métrophérique.

Rappelant le « chemin de fer atmosphérique » des débuts du ferroviaire, ce nom exotique désigne en réalité… une rocade de métro entourant Paris ! Un air de déjà vu ? Ajoutez-y un positionnement à deux ou trois kilomètres de la capitale, un parcours d’une quarantaine de kilomètres et une interstation moyenne d’un kilomètre et vous obtenez… Orbitale !

Le concept d'une rocade de métro en proche banlieue n'est effectivement pas nouveau. Née à la fin des années 80, la rocade Orbitale fut présentée comme l'un des chantiers forts du Schéma Directeur de la Région de 1992. Mais à peine révélé au public, le projet disparut corps et bien, victime de sa complexité technique et politique.

Alors, Métrophérique, vrai projet ou effet d'annonce ?

Olivier Marquet
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